Lors du salon « Jardins, Jardin aux Tuileries », deux conférences ont été organisées pour la journée des professionnels. La première abordait donc le thème de la biodiversité au quotidien. La rédaction de Rustica animait cette matinée, avec pour invités, Yolaine de la Bigne, Louis-Albert de Broglie, Allain Bougrain Dubourg et Frédéric Pautz.

      Pour Yolaine de la Bigne, journaliste et fondatrice du premier magazine gratuit sur l’environnement Néoplanète, « la biodiversité c’est la vie ». Allain Bougrain Dubourg, qu’on ne présente plus, et elle, militent pour « donner un prix au vivant », car couper un arbre n’est pas juste un arbre en moins, mais aussi un habitat, un écosystème et de l’oxygène en moins ; il faut donc voir plus loin et apporter la notion de « préjudice écologique ».

     Autre intervenant : Nicolas Géant, apiculteur à Paris, constate que les abeilles se portent mieux en ville qu’à la campagne ! déroutant, non ? En effet, pour protéger les populations, les insecticides sont bannis en ville, tandis que les campagnes regorgent d’étendues de monocultures… bref l’écosystème est bien plus riche en ville qu’à la campagne ! Et ce n’est pas pour rien que nos ouvrières parisiennes produisent 5 fois plus de miel qu’à 20km de la capitale !

     Frédéric Pautz, directeur du jardin botanique du parc de la Tête d’Or, à Lyon, fait le même constat : la biodiversité en ville est plus riche que celle de nos campagnes. En effet, la ville de Lyon répertorie la biodiversité ordinaire, grâce à un maillage. Ainsi, de petite surface, en petite surface, on découvre qu’il y a plus d’espèces végétales en centre-ville. Lyon bénéficie d’une biodiversité de 1600 espèces.

     Louis-Albert de Broglie, propriétaire du domaine de la Bourdaisière, et créateur de conservatoire de la tomate, en Indre-et-Loire, estime que la société à standardisé les choses à l’Après-Guerre. Du coup, on a tendance à coller aux légumes d’antan l’étiquette OGM. En 1992, le conservatoire répertoriait 70 variétés de tomates. En 1995, elles étaient 300. Même les professionnels sont désarçonnés. La Nature est belle et on l’ignore. Depuis que le prince jardinier milite pour la protection de la Nature, il a constaté que son conservatoire abritait 105 espèces d’oiseaux et 8 de chauves-souris. Donc non seulement, de très anciennes espèces de tomates ont été retrouvées, mais en plus cela permet de ramener la biodiversité à la campagne. Louis-Albert de Broglie constate que les gens ne connaissent pas les plantes et les savoirs-faire associés. Il conseille de se réapproprier ces connaissances qui ont pu parfois sauter des générations. Il encourage tout un chacun à se tourner vers les productions locales.

     Allain Bougrain Dubourg, président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, nous fait alors partager l’anecdote du colibri ; « Un jour la forêt s’embrase. Le colibri prend alors une goutte d’eau pour éteindre le feu. L’éléphant se moque de lui, en lui disant que ça ne sert à rien et qu’il est trop petit. Le colibri rétorque alors que si tout le monde le suivait dans son dessein, le feu serait déjà éteint. »

     Yolaine de la Bigne signale que tout le monde veut avoir la main sur son jardin et c’est en partie à cause de ça que la biodiversité disparaît. Elle conseille de laisser un coin de jardin en friche, de laisser grouiller pour découvrir les autres beautés de la Nature (oiseaux, papillons…etc). En bref : « foutez la paix à la Nature ! » Allain Bougrain Dubourg rajoute qu’il ne faut pas « figer la Nature, il faut lui laisser de l’oxygène ».

     Louis-Albert de Broglie réagit en soulignant le fait qu’il y a aujourd’hui en France 2600 éco-maires sur 36 000 ! Il constate qu’aujourd’hui « on oublie le principal » et trouve dommage qu’il y ait si « peu de prise de conscience »…

     Allain Bougrain Dubourg souhaite alors instaurer, de façon durable, la « fête des mares« , juste après la fête de mères !

 

     Bonne lecture, surfez bien sur tous ces petits liens et laissons la Nature nous dévoiler sa beauté !

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