Voici (enfin) la deuxième conférence, qui a eu lieu le 4 juin dernier !

     Pour défricher ce vaste sujet, étaient présents : Nicolas Gilsoul (architecte paysagiste), Xavier Marié (spécialiste du sol), Jean-Philippe Siblet (du Muséum National d’Histoire Naturelle), Jean-Pierre Decroix (directeur à l’agence de l’eau Seine Normandie) et Thierry Jacquet (de l’entreprise Phytorestore).

     Nicolas Gilsoul introduit le sujet avec un superbe diaporama du contraste ville/nature ; « la ville est un cauchemar de verre et d’acier, où la Nature n’a plus sa place ». Et il n’hésite pas à comparer Gotham City à Pandora ! Il nous fait remarquer subtilement que dans la première l’homme est devenu chauve-souris… « L’arbre-monde n’a tout simplement pas le même langage ». Pour lui, « la Nature est nécessaire comme objet de désir » et souligne que Jean Nouvel s’en charge très bien. Il nous rappelle également que la ville de Paris tend vers un retour à la Nature, avec le projet des Halles en prairie urbaine. Il nous montre beaucoup de photographies et en arrive à des projets qui peuvent faire peur : les jardins sur les toits ; « ces jardins inaccessibles peuvent sauver notre planète ». Toutes les grandes villes se mettent au vert ; Nicolas Gilsoul nous cite l’exemple du projet ‘High Line‘ à Manhattan. Cette « Nature infiltrée jouera à la fois avec sa propre vivacité, ainsi qu’avec celle de la population ». Il termine par nous suggérer l’image la Nature sauvage qui réinvestit la ville, comme dans ‘Je suis une légende’ avec Will Smith.

     Sa prestation ouvre à tant de philosophie que, pour éviter de partir sur Pandora, Xavier Marié nous remet les pieds sur terre. Il nous parles des rôles du sol dans l’installation de la nature en ville. Le sol a plusieurs fonctions essentielles :

– la fertilité ;

– la gestion de l’eau ;

– la protection de la biodiversité ;

– le maintien de l’équilibre essentiel aux émissions de gaz à effet de serre.

Xavier Marié met en avant le fait que nous faisons partie d’une société riche en moyens techniques pour connaître ses sols et pouvoir y faire attention, mais que cette même société a oublié la valeur de ces sols… Des sols de décharge existent, dus aux créations de ZUP… Il ne comprend pas « pourquoi on s’obstine à détruire la Nature pour la reconstruire là où il y a les sols décharge, au lieu de s’intéresser à ce qu’elle a à nous apporter là où elle est déjà ».

     Pour Jean-Pierre Decroix, son combat n’est pas bien différent de celui de notre expert des sols ; pour lui, tout réside dans la bonne gestion des stations d’épuration urbaine, et dans leur gestion des flux. Thierry Jacquet complète ce débat en mettant en avant que les jardins filtrants sont là pour valoriser la bio-masse. Ils peuvent en plus s’adapter aux habitats naturels région par région. Récupérer et traiter les eaux pluviales ne devrait plus être un problème.

     Jean-Philippe Siblet intervient ensuite, en nous rappelant que la valorisation des toits ne date pas d’hier. En effet, les toits de chaume et les tuiles en bois se font bien rares. Comme l’a dit avant Nicolas Gilsoul, les toits végétalisés peuvent sauver notre planète. Cela amène une surface de sol là où il n’y en a plus. On peut même s’autoriser à utiliser des plantes en voie de disparition ; cela permettra de recréer des micro-habitats qui abriteront des animaux tout au long de leur cycle de vie. À noter qu’il est tout à fait possible de faire rimer toit végétalisé et panneau solaire ! Il termine son intervention en disant que si toutes les zones commerciales s’équipait de toits végétalisés, ce serait super. Mais comme on dit, avec des ‘si’ on mettrait Paris en bouteille !

Et Paris? Paris, c’est 400 km² de toitures exploitables !

À vos toitures ! Mais ne faites pas l’impasse sur votre sécurité !

 

Un commentaire pour “Conférence « Nature en ville : quels enjeux pour les professionnels du paysage?”

  1. […] Petite piqure de rappel sur le thème de la Nature en ville, avant l’hiver ; à Lyon, les feuilles d’automne ne se ramasse pas forcément à la […]

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